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Dernière mise à jour le 21 juillet

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INTERVIEW EXCLUSIVE

Christian Estrosi, ministre délégué à l'Industrie : ''Un appel à projets va être lancé cet été en semiconducteurs''

Un plan d'actions portant notamment sur des "programmes de R&D ambitieux" sur les sites de production français de micro- et nanoélectronique va être lancé. La contribution publique "devrait se compter en plusieurs centaines de millions d'euros, dont la majorité sera issue de l’emprunt national", nous a précisé Christian Estrosi.

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DOSSIERS / Grandes écoles et industrie : un mariage de raison

Henri-Alain Rault (NXP Semiconductors France) : « il faut aller encore plus loin dans la coopération »

NXP, installée à Caen, collabore de longue date avec les grandes écoles. Henri-Alain Rault, le président de la filiale française, dresse un bilan positif de ce partenariat.
Jacques Marouani, Electronique International, le 24/4/2008 à 0h00

Quelles collaborations votre entreprise entretient-elle avec les grandes écoles ?

Henri-Alain Rault : Philips Semiconductors, devenu NXP Semiconductors, s'est installée à Caen il y a une cinquantaine d'années et nous avons eu, très tôt, des liens privilégiés avec l'Ensicaen. C'est un vivier pour le recrutement des jeunes ingénieurs. J'en suis le président du conseil d'administration. Nous fournissons des contributions pédagogiques à cette école dans les domaines de l'électronique et des matériaux, non seulement à travers des programmes d'enseignement, mais aussi au sein d'un laboratoire commun, le LaMIPS(*), auquel collaborent une soixantaine de personnes. Nous avons également des relations étroites avec l'Isen de Lille, l'Esigelec de Rouen et l'École Centrale de Nantes en matière de recherche appliquée. A Caen, un mastère en microélectronique ouvert aux bac +5, orienté vers les systèmes fortement intégrés et plus particulièrement les « System-on-Chip » (SoC) et les « System-in-Package » (SiP), a été créé. Enfin, nous employons en permanence environ quarante thésards dans le cadre de conventions Cifre* dont la durée est de trois ans, ce qui signifie que nous passons une quinzaine de nouvelles conventions Cifre par an.

Quel bilan tirez-vous de ces collaborations ?

Henri-Alain Rault : Il est très positif de constater que le monde industriel et celui de l'enseignement et de la recherche se rapprochent. Ce qui a été fait est déjà très important, nous avons beaucoup progressé au cours des dix dernières années, mais ce n'est pas suffisant. Au départ, les écoles ont fait un pas vers le privé, car elles manquaient de moyens financiers pour assurer leurs enseignements, puis nous avons ressenti le besoin de créer des laboratoires communs pour mener à bien des projets de recherche partenariale. Aujourd'hui, nous constatons avec satisfaction que les écoles s'adaptent de plus en plus aux besoins des entreprises et qu'elles font évoluer leurs cursus en fonction de ces besoins.

Pouvez-vous nous citer des exemples concrets qui montrent qu'elles évoluent dans ce sens ?

Henri-Alain Rault : Je prendrai l'exemple de la collaboration de l'Ensicaen avec l'équipementier automobile Faurecia. Ce dernier dispose, à une cinquantaine de kilomètres de Caen, d'une activité de mécatronique pour les sièges automobiles. L'Ensicaen a décidé de répondre aux besoins de cette entreprise et va créer une formation d'ingénieurs adaptée à cette spécialité. Nous, industriels, apprécions beaucoup les formations d'ingénieurs en alternance. Ce système est très efficace pour les entreprises ayant des besoins spécifiques et qui souhaitent recruter du personnel opérationnel rapidement.

(*) Ce laboratoire commun a pour mission de développer des activités de recherche sur les aspects de caractérisation physique, électrique, de modélisation et de fiabilité des systèmes complexes (voir page 19).
* voir lexique page 46