Espace Membre
Nos partenaires

NOUVEAU PRODUIT

INTERVIEW EXCLUSIVE

Pierre-Jean Albrieux, président du GFIE et de l'Iftec : ''L’enseignement des règles de fabrication est devenu urgent''

Hier, la fabrication pouvait rattraper certaines erreurs de conception. Aujourd’hui, la miniaturisation et le passage au sans-plomb ont tellement diminué les possibilités d’intervention en production qu’il n’y a plus de droit à l’erreur en amont de celle-ci. D’où l’importance pour tous de connaître les règles de base régissant la fabrication. Pierre-Jean Albrieux, président du GFIE, fait le point sur ce problème.

AGENDA

DOSSIERS

De la carte à puce à la « smart security » et aux « smart objects »

L'industrie de la carte à puce récemment rebaptisée industrie de la « smart security » entre dans un nouveau cycle de son histoire. En mariant le sans-fil et le sans-contact à son expertise, elle donne naissance à une nouvelle lignée d'objets personnels.
La rédaction, Electronique International, le 13/11/2008 à 0h00

Avec un périmètre désormais élargi à des frontières encore difficiles à tracer avec précision, mais dont on devine les contours dans tous les domaines où la confiance, la sécurité et la protection de la vie privée sont requises, l'industrie de la carte à puce rebaptisée « smart security » bénéficie depuis peu d'une conjonction de conditions et de perspectives nouvelles qui devraient accélérer son développement. La convergence des marchés traditionnels du paiement, des télécoms, du transport et de l'authentification forte grâce notamment à une carte SIM de plus en plus sécurisée, mais aussi l'émergence du marché des documents d'identité sécurisés, apparaissent de ce point de vue comme les principaux vecteurs de ce changement de perspectives.

M2M : une SIM pour les « smart-machines »

Olivier Beaujard, « Group Vice President, Business Development », chez Wavecom qui revendique le leadership mondial de la fourniture de modules de communications M2M, depuis son acquisition du numéro 3 dans ce domaine, Sony-Ericsson, estime pour sa part que le marché des modules M2M devrait s'établir à quelque 52 millions de pièces en 2010, en suivant une croissance annuelle de l'ordre de 32 % (16 millions de modules en 2006). Des estimations moyennes assez proches de celles d'ABI Research qui montrent qu'en dépit d'un énorme potentiel (Wavecom note que 6 milliards de machines embarquent à ce jour un microcontrôleur ou un microprocesseur, futures candidates à intégrer des fonctions de communication sans fil, et qu'il y a globalement dans le monde cinq fois plus de machines que d'humains…), le marché reste encore modeste en volume, au moins pour les cinq prochaines années.

Mais ce secteur a d'ores et déjà été identifié comme un futur gisement de croissance pour l'industrie de la « smart security ». La récente offre publique d'achat que Gemalto a lancé sur Wavecom en témoigne : « Un marché adjacent au nôtre. » C'est ainsi qu'Olivier Piou a qualifié le M2M par rapport à la SIM. En réalité, ce marché est stratégique. Les marchés du M2M, réclament en effet des évolutions techniques de la carte SIM, et portent assez naturellement à la création de modèles économiques qui représentent vis-à-vis du marché traditionnel de la SIM des ruptures qui s'annoncent comme critiques. Gemalto, le premier, grâce à des développements menés depuis quelques années, a montré il y a plus d'un an, une carte SIM soudée et encapsulée dans un boîtier SOP, dédiée à des applications M2M dans l'automobile. Wavecom a également été le premier à intégrer une carte SIM réduite à une puce nue, avec le processeur bande de base d'un module GSM (technologie inSIM). La société a développé des modems qui intègrent deux connecteurs SIM, capables de supporter deux abonnements à des opérateurs différents, soit simultanément soit successivement (un opérateur par défaut à la vente du modem, puis un autre pour assurer le service). Toutes ces évolutions dictées par des raisons de logistique (il est préférable de n'avoir à gérer que le modem intégrant sa carte SIM, plutôt que les deux éléments séparément), de coûts, et d'impératifs liés aux applications elles-mêmes (contraintes en termes de températures, humidité et vibrations), bousculent les modèles établis dans le monde de la téléphonie cellulaire et de la SIM classique où l'émetteur de la carte est aussi celui qui en assure la commercialisation et la logistique. L'un des « dangers » de ces évolutions a même été désigné : l'intégration de la fonction SIM dans le modem, et sa virtualisation pure et simple. Un autre pourrait être à terme la promotion d'une carte SIM « blanche », susceptible d'être acquise sur étagère pour être ensuite personnalisée par son utilisateur avant d'être utilisée sur tel ou tel réseau. Mais c'est là autant une menace pour les opérateurs de téléphonie mobile qu'une opportunité pour de nouveaux opérateurs de confiance dont le marché du M2M pourrait avoir besoin à terme.

On comprend dès lors que le marché du M2M est bien un marché « adjacent » à celui de la SIM de la téléphonie mobile, mais qu'il est aussi très stratégique pour le leader mondial de la carte SIM qui livrera cette année un peu plus du milliard de cartes, en détenant une part de marché de l'ordre de 35 %. Sous cet angle, les brevets de Wavecom, et le cœur de son offre – sa plate-forme Open AT intégrant une SIM – revêtent un intérêt qui pourrait dépasser le seul marché du M2M. Cette plate-forme a la capacité de devenir en effet le cœur des futurs Smart Secure Devices que le président d'Eurosmart a désigné comme les « clés » d'un « Trusted Internet ».

(1) Selon des estimations faites en 2004 par Gartner Dataquest, publiées par l'USB Flash Drive Alliance, qui paraissent aujourd'hui un peu sous-estimées. Les chiffres de cette étude ne prennent pas en compte les clés USB embarquant des fonctions audio (MP3) qui connaissent depuis deux ou trois ans une forte croissance.

Une carte à puce par habitant de la planète

Plus de 4 milliards de cartes à puce ont été livrées dans le monde en 2007, pas loin de 5 milliards devraient l'être cette année. Selon la société d'études IMS Research, le cap des 7 milliards de cartes utilisées « sur le terrain » devrait être franchi à la fin 2009, dépassant ainsi avec deux ans d'avance les prévisions démographiques, le nombre d'habitants de la planète (7 milliards en 2011, selon l'ONU).
La prévision faite au début des années quatre-vingt-dix – à chaque habitant de la planète sa carte à puce – par Marc Lassus le fondateur de Gemplus (l'un des premiers grands acteurs de ce marché, devenu aujourd'hui Gemalto, après sa fusion il y a trois ans avec le numéro 2 du secteur, Axalto) est donc en passe de se réaliser. Depuis ses modestes origines franco-françaises, la carte à puce a en effet connu un mouvement continu d'adoption, d'internationalisation et de standardisation pour des applications de plus en plus nombreuses.
La France, qui fut longtemps son premier marché au monde avec ses quelque 30 ou 40 millions de cartes bancaires, a laissé depuis déjà une dizaine d'années la place à la Chine qui compte désormais largement plus d'un milliard et demi de cartes à puce « sur le terrain », dont près d'un milliard de cartes d'identité sans contact, et plus de 500 millions de cartes SIM.

Authentification forte : une offre qui s'étoffe

Nous pouvons citer RSA avec son SmartKey 6200 (64K, RSA 10 204 bits, DES, TDES, SHA-1), Vasco Data Security avec son Digipass 860 basé sur un circuit Infineon, et offrant OTP*, PKI, signature et chiffrement à la volée, Actividentity avec son ActivKey équipé d'un afficheur, et pouvant accueillir une carte SIM, Aladdin avec son eToken, SanDisk avec son m-Token (msystems), et SafeNet avec son iKey.
Sont aussi concernés Gemalto avec son Secure Digital Companion (SDC) qui permet de stocker jusqu'à 512 Mo, et sa gamme Protiva qui ne réclame aucune installation sur le poste client. Oberthur Card Systems avec son USB WebstIC.
Et enfin, il faudrait ajouter IBM dont les laboratoires de Zurich ont montré tout récemment une clé USB, intégrant la technologie Zone Trusted Information Channel (ZTIC) pour sécuriser l'accès à des services en lignes.

* cf lexique page 46