Sans logiciels « ad hoc », les modules M2M ne sont (presque) rien

- Sans logiciels « ad hoc », les modules M2M ne sont (presque) rien
Premiers maillons de la chaîne d'approvisionnement, un rôle qui leur est de plus en plus contesté par les fournisseurs de composants attirés par la manne que représente le marché des communications de machine à machine, les fabricants de modules sont bien plus que de simples vendeurs de matériels. « Il est de plus en plus difficile de séparer le matériel et le logiciel », prévient Philippe Guillemette, CTO de Wavecom, l'un des principaux fournisseurs de modules M2M sans fil. Plusieurs raisons à cela, dont la principale provient de la nature même des marchés visés et servis. Les utilisateurs de modules de communications M2M appartiennent à des mondes aussi divers que ceux de l'énergie (compteurs intelligents), des transports (télématique automobile, télépéage, pistage de véhicule…), des terminaux de paiement, de la santé (un marché à très fort potentiel), de la sécurité ou de l'industriel (surveillance des personnes, des équipements, réseaux de capteurs…). Et à quelques exceptions prés, ce ne sont pas des spécialistes des radiocommunications. Il leur faut donc quelque chose de simple à utiliser, du clé en mains en quelque sorte. Cela dit, la chaîne de valeur du M2M est relativement complexe (voir notre article page 24), et selon le type de clients, il sera possible de distinguer deux types de modules M2M.
L'offre concernant le deuxième type de modules est relativement moins fournie, même si la plupart des acteurs sont également présents dans ce domaine. Ces modules intègrent dans le même boîtier la partie connectivité sans fil et le processeur d'applications, à l'image des Wireless CPU de Wavecom, des modules à processeur ARM9 EGS5 de Cinterion, ou des MO300 de Sagem Communications. Et, dans ce domaine, les logiciels associés sont encore plus importants, à tel point que Wavecom insiste lourdement sur le fait qu'il soit le seul à proposer une offre complète ad hoc. Cette offre regroupe, sous le nom d'Open AT, bibliothèque d'applications, OS, extensions de connectivité, de mise à jour, d'administration à distance, etc. Wavecom vient par ailleurs de lancer, sous le label de M2M Studio, un environnement de développement complet sous Eclipse adapté à la programmation en C « pour plaire au monde de l'embarqué ». Mais, pas de support Java prévu, le langage de Sun n'étant pas, selon Wavecom, adapté au temps réel… Ce que conteste Danh Le Ngoc, vice-président du marketing et cofondateur de aJile Systems, société qui est à l'origine du premier processeur capable d'exécuter directement le bytecode Java et dont les processeurs sont capables d'exécuter des applications Java temps réel. Pour Danh Le Ngoc la cause est entendue : déjà bien implanté dans l'embarqué, Java est le logiciel d'avenir pour le M2M. D'ailleurs le profil Java IMP (Information Module Profile), sous-ensemble de l'environnement pour mobiles MIDP, est déjà couramment utilisé par certains modules de communications M2M. C'est le cas de ceux de Cinterion : les modules EGS5 sont programmables en Java. Sagem Communications a, lui, fait le choix du système d'exploitation Linux pour ses modules Edge embarquant l'application utilisateur. « Nous avons fait le choix d'une plate-forme ouverte pour offrir plus de souplesse à nos clients », explique Charles Derivaux. Cela dit, « le choix d'une plate- forme intégrée est plus contraignant pour l'utilisateur », ajoute M. Derivaux et certains préféreront toujours recourir à un processeur d'application et un module de communications séparés.
Précisons que les modules intégrés de Wavecom, mais c'est également le cas de ceux de ses concurrents, existent sous différentes formes : boîtiers BGA 500 billes de 25 mm de côté ou modules traditionnels avec connecteurs pour le report manuel. La mémoire peut, au choix, être externe ou incluse dans les modules.
Deux types de fournisseurs de composants s'intéressent au marché des communications de machine à machine.
Tout d'abord, les spécialistes de circuits bande de base pour le radiotéléphone, des spécialistes en mal de diversification sur un marché de plus en plus concurrentiel. Qualcomm est le principal acteur dans ce domaine avec
ST-Ericsson et Texas Instruments.
La deuxième catégorie concerne les fabricants de processeurs d'applications ou de circuits plus ou moins reliés au monde de la téléphonie mobile. On trouve dans cette catégorie le fournisseur de processeur Java aJile Systems
(représenté en France par ATD Electronique) avec son processeur aJ102 doté de fonctionnalités DSP et d'une mémoire cache interne. Atmel est également, depuis quelques années, un adepte du M2M, une manière pour lui d'étendre les débouchés de ses
microcontrôleurs sécurisés développés à l'origine pour le marché de la carte à puce (voir par exemple EI n° 679).
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Nous pouvons tabler, cette année, sur une croissance de 10 % à 12 % pour l’électronique dans son ensemble, et sur plus de 6 % en moyenne annuelle à l’horizon 2013, estime Jean-Philippe Dauvin.




