La France tente de rattraper son retard
- La France tente de rattraper son retard
- La course au rendement ralentie par les coûts
Toujours à la traîne en 2008, le marché français du photovoltaïque pourrait bientôt décoller, à en croire l’afflux récent de grands projets sur notre territoire et la confirmation d’un soutien des pouvoirs publics dans ce domaine. Malgré un triplement à 105 MW en 2008 (contre 35 MW en 2007), le marché français reste modeste. Il se place en effet encore très loin derrière celui des pays européens les plus avancées en la matière, à savoir l’Allemagne et l’Espagne. L’Allemagne a installé 1,1 GW en 2007, et 1,35 GW en 2008, ce qui porte le cumul des installations à 5,2 GW dans ce pays, soit quasiment l’objectif que s’est fixé la France pour… 2020. L’Espagne, quant à elle, a installé 3,1 GW sur la seule année 2008, ce qui a porté le cumul de ses installations à 3,7 GW en 2008. Avec une base installée qui a atteint seulement 175 MW en 2008 selon le syndicat des énergies renouvelables, la France fait donc toujours figure de nain vis-à-vis de ses voisins les plus performants. Mais compte tenu des mesures incitatives prises par les pouvoirs publics et de l’objectif ambitieux qui a été fixé lors du Grenelle de l’environnement, qui prévoit un parc installé de 5,4 GW en 2020, soit plus de trente fois celui de 2008, le véritable décollage du marché français du photovoltaïque pourrait bien intervenir cette année ou en 2010.
Pour aller de l’avant, le marché français du photovoltaïque a besoin d’une politique encore plus volontariste, estiment les professionnels du photovoltaïque. Dès 2006, la France s’est dotée de tarifs d’achat de l’électricité photovoltaïque intéressants, mais en favorisant essentiellement les produits intégrés aux bâtiments et en laissant de côté les installations plus simples, par exemple celles posées sur les bâtiments ou directement au sol. Ces distinctions dans les différents types d’installations ralentissent le développement de la filière, estiment les professionnels. De plus, les temps et contraintes de connexion au réseau constituent également un frein considérable. « Il faut obtenir un coup de pouce tarifaire pour élargir le développement du solaire au sol et pour encourager la création en France d’une filière industrielle. Il faudrait relever le tarif de rachat de 5 % à 10 % et y ajouter une augmentation modulée selon le degré d’ensoleillement des régions françaises », a récemment déclaré David Corchia, directeur général d’EDF Energies Nouvelles, dans un entretien publié par le quotidien La Tribune.
Un autre facteur de développement consiste à lever des verrous technologiques. Un projet de R&D ambitieux, Solar Nano Crystal, fédérateur de nombreux autres projets de R&D lancés au cours de ces dernières années, a été sélectionné par le programme d’innovation stratégique industrielle d’Oséo (ISI). Il devrait recevoir l’agrément de la Commission européenne au cours de ces prochaines semaines. Participent à ce projet, Emix, Photosil, Silpro, PV Alliance, Apollon Solar ainsi que l’Ines qui fédère des équipes de chercheurs du CEA, du CNRS, de l’université de Savoie et du CSTB (centre scientifique et technique du bâtiment). L’objectif de ce projet, d’une durée de cinq ans, est d’aider les entreprises de la filière photovoltaïque à accroître leur compétitivité, le principal défi étant de parvenir à abaisser les coûts. Le budget total du projet Solar Nano Crystal est de 190 millions d’euros dont 46,5 millions d’aides publiques. « Cette année, d’autres projets de R&D de moindre taille labellisés ISI devraient voir le jour. Ils seront portés par des start-up ou des industriels opérant une reconversion de site industriel. Le coût des projets devrait être de 3 à 10 millions d’euros chacun et les thèmes devraient porter par exemple sur le rendement des cellules, les couches minces, l’encapsulation ou encore les membranes d’étanchéité. Nous sommes actuellement très sollicités, car les incitations offertes par les pouvoirs publics attirent un nombre croissant d’investisseurs », explique Thierry Bur, l’un des responsables des projets du pôle environnement au sein du programme ISI. Néanmoins, le dispositif des mesures incitatives des pouvoirs publics devrait s’arrêter en 2010 et les professionnels s’inquiètent de la possibilité qu’il soit revu à la baisse, comme cela vient d’être le cas en Espagne.
- Alors que les premiers volumes de panneaux photovoltaïques n’arriveront en fin de vie que dans une dizaine d’années, plus de trente producteurs internationaux de panneaux photovoltaïques représentant plus de 70 % du marché européen se sont entendus sur un accord volontaire de collecte et de recyclage des panneaux photovoltaïques usagés sur l’ensemble du territoire de l’Union européenne.
- Regroupés au sein de l’association “ PV Cycle ”, les promoteurs de cet accord prévoient des objectifs de taux de collecte et de recyclage supérieurs aux actuelles obligations de la réglementation européenne en matière de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), soit 65 % au minimum de collecte des panneaux photovoltaïques usagés et 85 % au minimum de recyclage des matériaux des panneaux photovoltaïques usagés collectés.
- Le dispositif mis en place sera gratuit pour les détenteurs de panneaux photovoltaïques usagés. Il permettra une économie substantielle de ressources naturelles par l’utilisation dans les nouveaux panneaux photovoltaïques des matériaux recyclés, faisant de l’industrie du photovoltaïque un secteur “ doublement vert ”. « Nous sommes convaincus que l’énergie solaire ne sera véritablement durable que lorsque le cycle de vie des panneaux photovoltaïques aura été bouclé, permettant la réutilisation industrielle après recyclage des matières premières nécessaires à leur fabrication », souligne Jan Clyncke, directeur de PV Cycle.
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Nous pouvons tabler, cette année, sur une croissance de 10 % à 12 % pour l’électronique dans son ensemble, et sur plus de 6 % en moyenne annuelle à l’horizon 2013, estime Jean-Philippe Dauvin.




