Pierre bigot (Snese) : « l'électronique reste porteuse pour la fabrication en France »

Comment se porte la sous-traitance électronique en France ?
Pierre Bigot : En France, les unités dédiées à la production d'équipements de grande diffusion ont subi de plein fouet la concurrence des pays à faible coût de main-d'œuvre. En revanche, nombre de PME savent utiliser à leur profit, les courants actuels en faveur du respect de l'environnement et de l'électronisation. Courants qui animent de plus en plus de domaines : l'automobile avec, par exemple, le développement de la voiture hybride, la domotique, le médical où le personnel se fait assister par des « adjoints électroniques », l'électronique professionnelle… Dans notre pays, comme d'ailleurs partout en Europe, la rumeur publique tend à diaboliser l'ensemble de l'électronique à partir du seul constat de faillite de la production d'équipements grand public. Or, notre secteur demeure porteur à condition de s'adapter à la nouvelle donne. Le passage au RoHS a d'ailleurs fourni l'occasion d'un nouveau départ à de nombreuses entreprises qui ont saisi l'opportunité d'investir dans de nouveaux équipements, ainsi que dans l'organisation et dans la formation.
Quels sont les financements dont peuvent aujourd'hui bénéficier les sous-traitants de l'Hexagone ?
Pierre Bigot : Avec la décentralisation, les aides au financement comme Oseo et Jessica sont devenues régionales. Les sous-traitants d'Alsace ont ainsi, depuis plusieurs années, appris à les utiliser grâce au soutien du Snese. Dans l'Ouest, en revanche, les entreprises y ont moins fait appel. Aussi, pour mieux épauler nos adhérents, aurions-nous intérêt à créer des délégations régionales. Je proposerai bientôt à notre comité directeur, la création de cinq représentations du Snese calées sur les régions où se trouvent les antennes Jessica Captronic. Cette régionalisation permettra aussi de collaborer plus efficacement avec Oseo.
Quelles sont vos relations avec la distribution ?
Pierre Bigot : La sous-traitance a autant besoin de la distribution que cette dernière a besoin de la sous-traitance. Jean-François Evellin, mon prédécesseur, a beaucoup œuvré au rapprochement de ces deux domaines. Entre distributeurs et sous-traitants, la compréhension est aujourd'hui réelle.
Les rapports entre donneurs d'ordres et sous-traitants s'améliorent-ils ?
Pierre Bigot : Le problème majeur des sous-traitants avec les donneurs d'ordres demeure celui des délais de paiement, notamment des administrations pour lesquelles les règlements demandent couramment plus de 120 jours. De façon récurrente, les PME connaissent ainsi des ennuis de trésorerie. La décision du gouvernement de légiférer sur ce sujet est donc une excellente initiative. Nous la suivrons avec attention.
Comptez-vous aider les entreprises françaises à délocaliser dans les pays du Maghreb ?
Pierre Bigot : Afin de pouvoir développer leurs activités, beaucoup d'entreprises françaises ont souhaité nouer des partenariats « low cost » dans les pays du Maghreb. Ces sociétés ont continué à prospérer en France. Pour les épauler, le Snese a organisé des missions de découverte au Maroc et en Tunisie. Mais aujourd'hui un syndicat de la sous-traitance est en création en Tunisie. Nos adhérents pourront donc s'adresser directement à cette nouvelle association, ce qui limitera nos interventions dans ce pays.
La sous-traitance rencontre-t-elle des difficultés de recrutement d'ingénieurs électroniciens en France ?
Pierre Bigot : La sous-traitance française commence à manquer d'ingénieurs spécialisés en process. Il faut créer une formation dans cette discipline par le biais de rapprochements entre les écoles d'électronique et les experts de ce domaine travaillant dans les entreprises. Le Snese a aussi entrepris un travail de fond avec les réseaux d'orienteurs. Car la fabrication électronique a un avenir !
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