John East (CEO d'Actel) : “ à chaque fois qu'il faut interfacer différents éléments, les FPGA sont là ! ”

Les terminaux mobiles semblent être la nouvelle cible des fabricants de prédiffusés programmables. Est-ce un effet de mode ? Quels sont les avantages de la logique programmable dans ces applications ?
John East : il ne s'agit pas d'un effet de mode. Il faut apporter aux fabricants de radiotéléphones, confrontés comme tout le monde à la diminution de la durée de vie de leurs produits, les avantages de la logique programmable en termes de rapidité de développement et de flexibilité. Ces avantages sont accentués par notre approche flash qui apporte en sus faible consommation, critère impératif pour les applications mobiles, fiabilité et encombrement réduit. Du même coup, nous pouvons nous différencier de nos grands concurrents, une condition indispensable si nous voulons avoir quelque chance de réussite sur le marché. Dans un premier temps, les FPGA vont remplacer les CPLD. Dans les mobiles, comme dans beaucoup d'autres applications, partout où il est nécessaire d'interfacer différents composants ou éléments – processeur, afficheur, panneau de commande, clavier, emplacement carte mémoire – c'est un travail pour la logique programmable. Cette tâche était jusqu'à présent assurée par des CPLD, mais ces derniers ont pratiquement disparu, remplacés par les FPGA dont les prix ont largement baissé. Les circuits spécifiques pourraient faire le même travail, et ils seraient d'ailleurs plus performants et plus sobres, mais la durée de vie des terminaux n'est plus assez longue pour justifier le développement d'un circuit spécifique.
Les circuits standard dédiés sont, eux, carrément hors jeu. Dans un deuxième temps, les circuits logiques programmables pourront prendre en charge d'autres fonctions, comme la gestion de la consommation ou de l'horloge… Mais notre objectif ne sera jamais de nous attaquer au processeur bande de base ou au processeur d'applications.
Pensez-vous que la course à la technologie est un mal nécessaire ? La loi de Moore s'applique-t-elle à vos produits ?
John East : la plupart des FPGA disponibles aujourd'hui sont suffisamment performants pour les applications visées. Il n'est donc pas nécessaire, à mon sens, de passer en dessous de 130 nm, tout du moins tant que les problèmes de consommation statique des générations 90 nm et 65 nm ne seront pas résolus.
Bien adaptée à l'évolution du coût et de la rapidité, la loi de Moore ne s'applique pas à la consommation des circuits, indépendamment du fait que la consommation par transistor n'arrête pas, elle, de baisser.
A chaque nouvelle génération et malgré toutes les ruptures technologiques, telles que l'introduction de diélectriques fort k et faible k ou les architectures multicœurs, le problème finit toujours par s'aggraver.
Les nouvelles technologies de mémoires non-volatiles auront-elles un impact sur le marché des FPGA ?
John East : non, pas à court terme. La technologie mémoire flash embarquée est largement suffisante pour nos besoins actuels et suffira certainement jusqu'à la génération 65 nm. Parmi les autres approches, seule la technologie mémoire à changement de phase avec chalcogénure pourrait avoir un intérêt, mais pas avant une dizaine d'années.
En 2007 vous avez progressé plus que n'importe quel autre fournisseur de logique programmable. Pourtant Actel reste tout petit comparé aux deux géants. Pensez-vous figurer dans le trio de tête un jour ?
John East : nous serons dans les trois premiers au plus tard ce trimestre. Vous allez être surpris de nos résultats et de notre croissance pour les trois premiers mois de l'année 2008.
Nous progressons lentement, mais sûrement.
Notre part de marché est ainsi passée de 5 % à 6 % en 2007 et nous serons certainement à 7 % cette année. Cela dit, la différence avec Xilinx et Altera reste énorme et le restera probablement encore longtemps.
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Un plan d'actions portant notamment sur des "programmes de R&D ambitieux" sur les sites de production français de micro- et nanoélectronique va être lancé. La contribution publique "devrait se compter en plusieurs centaines de millions d'euros, dont la majorité sera issue de l’emprunt national", nous a précisé Christian Estrosi.




