Espace Membre
Dernière mise à jour le 21 juillet

NOUVEAU PRODUIT

INTERVIEW EXCLUSIVE

Christian Estrosi, ministre délégué à l'Industrie : ''Un appel à projets va être lancé cet été en semiconducteurs''

Un plan d'actions portant notamment sur des "programmes de R&D ambitieux" sur les sites de production français de micro- et nanoélectronique va être lancé. La contribution publique "devrait se compter en plusieurs centaines de millions d'euros, dont la majorité sera issue de l’emprunt national", nous a précisé Christian Estrosi.

AGENDA

EMPLOI

INTERVIEWS / QUESTIONS À... Question à

Bernard Dautrevaux (Acsys) : « dans l'embarqué, la formation joue un rôle central entre clients et fournisseurs »

Responsable des formations chez le français Acsys, Bernard Dautrevaux explique l'intérêt, pour une société spécialiste des formations dans le domaine de l'embarqué, de dispenser des cours à la fois en logiciels et en architectures matérielles.
Pierrick Arlot, ElectroniqueS, le 21/5/2009 à 0h00

Acsys, qui dispense des formations en logiciel embarqué, a élargi en 2007 ses compétences aux architectures matérielles. Est-ce lié à l'évolution du marché ?

Bernard Dautrevaux : Aujourd'hui, on ne peut plus développer du logiciel sans tenir compte du matériel. D'un côté, de plus en plus de fonctions sont intégrées dans le silicium et, de l'autre, les designs font de plus en plus souvent appel à des composants programmables. Partant, la frontière entre logiciel et matériel, tout particulièrement dans le domaine du multimédia, devient floue, et ce au moment où les applications embarquées se complexifient. C'est l'une des raisons pour laquelle Acsys a lancé à partir de 2007 des formations en électronique embarquée en commençant par les FPGA et la programmation VHDL avec notre partenaire Lattice. Celles-ci sont venues compléter les formations qu'Acsys dispense depuis 2003 sur les langages, la programmation et les logiciels pour systèmes embarqués et temps réel, avec une forte compétence non seulement en OS comme Linux, Windows XP et Windows CE, mais aussi en développement de bas niveau : gestion des interruptions, techniques de séquencement, optimisation du multitâche, etc. C'est d'ailleurs ce qui nous a permis de rapidement nous distinguer. Lorsque Linux a commencé à intéresser les fabricants de produits électroniques, pratiquement toutes les sociétés de formation ont mis l'embarqué à leur catalogue… mais sans vraiment en connaître les arcanes et sans pratiquer d'exercices sur de vraies cartes cibles. Expliquer comment écrire des BSP*, des pilotes complexes, des logiciels de contrôle de la consommation, etc. nécessite un savoir-faire pointu qu'il faut être capable de maîtriser en interne pour une réactivité maximale. Afin que nos formateurs gardent le contact avec les technologies avancées, Acsys réalise 10 % de son chiffre d'affaires avec des activités d'ingénierie.

Constate-t-on encore dans les entreprises une stricte séparation entre développeurs logiciels et développeurs matériels ?

Bernard Dautrevaux : Cette distinction est toujours d'actualité car la plupart des développeurs, en pratique, n'ont pas vraiment besoin de la double compétence matériel/logiciel… même si on s'aperçoit que de plus en plus d'électroniciens s'intéressent au langage C. Reste qu'à un haut niveau de modélisation –analyse des besoins et spécification système notamment– les ingénieurs doivent disposer de la double casquette. Il en est de même pour ceux qui interviennent lors de la réalisation finale au moment du portage, de l'optimisation et du paramétrage des OS sur la cible. D'où l'intérêt pour les entreprises de faire appel à des centres de formation qui disposent des deux expertises et de compétences au niveau système.

Existe-t-il des différences structurelles entre formations logicielles et formations matérielles ?

Bernard Dautrevaux : La mise au point d'un cours de formation logicielle nécessite à peu près six mois de travail, mais sa durée de validité est relativement longue. Il suffit de mettre à jour le cours à intervalles réguliers lorsque le logiciel est en perpétuelle évolution, ce qui est le cas de Linux. Par contre, si deux mois suffisent pour élaborer une formation sur une architecture matérielle donnée, sa durée de vie n'excède guère un ou deux ans. Là, il faut être extrêmement réactif et posséder des informations de première main. C'est la raison pour laquelle il est impératif de conclure des accords de partenariat avec des fabricants de semiconducteurs. Acsys a signé de tels accords, doublés de clauses de confidentialité, avec AMCC, Freescale, IBM et Marvell, et assure depuis février 2009 des formations sur ces architectures, ainsi que sur les cœurs ARM. Afin d'élaborer les formations en avance de phase, nous devons absolument disposer des spécifications avant même que les circuits entrent en production… Il faut signaler à cet égard que, parfois, nous jouons un rôle pivot entre fournisseurs et clients : nous faisons circuler des informations qui ne circuleraient pas autrement. Un tel service dépasse évidemment ce que peut proposer une société de formation traditionnelle.

* cf lexique page 42