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« Que Choisir » alerte sur les risques d’incendie et de choc électrique des chargeurs de smartphones

Rédigé par  jeudi, 23 janvier 2020 13:50
« Que Choisir » alerte sur les risques d’incendie et de choc électrique des chargeurs de smartphones

Leur provenance n’est pas un mystère, ils sont tous fabriqués en Chine. Lors du passage en douane, ceux qui les introduisent sur le territoire sont sommés de présenter un certificat de conformité CE garantissant le respect de toutes les normes en vigueur. Mais les importateurs font parfois appel à des laboratoires accommodants pour leur remettre lesdits certificats. Au final, sur les 20 chargeurs testés, 11 se sont révélés dangereux.

Anodin, le chargeur de smartphone ? Pas si sûr, selon l'association de consommateurs « Que Choisir » ! Ces dispositifs sont encadrés par plusieurs normes qui assurent la sécurité mais on en trouve à tous les prix, de 1 € à 35 €. Se valent-ils ? Que Choisir a sondé le marché en testant 20 chargeurs achetés dans différents points de vente (Auchan, E. Leclerc, La Foir’Fouille, Boulanger ou encore des marketplaces) en vérifiant qu'ils respectaient la réglementation en matière de marquage et de sécurité électrique. À l’arrivée, 11 se sont révélés dangereux ! Ces résultats inquiétants confirment l’alarmant constat des sapeurs-pompiers français, qui estiment qu’aujourd’hui, les chargeurs sont à l’origine de la moitié des incendies domestiques. 

Le boîtier doit être solide et répondre à un cahier des charges précis, défini par les directives Basse tension (2014/35/UE) et Compatibilité électromagnétique (2014/30/UE), ainsi que par la norme européenne correspondante (NF EN 60950-1, remplacée en décembre 2020 par la NF EN 62368-1). Un dédale de normes indispensables pour assurer la sécurité des consommateurs. « En 2016, aux Pays-Bas, 47 personnes sont mortes et 75 000 autres ont été brûlées à cause d’un chargeur. Nous n’avons pas de statistiques précises pour la France, mais les chargeurs sont clairement identifiés comme une source potentielle de chocs électriques et d’incendies domestiques », alerte le capitaine Éric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.

Les trois quarts des chargeurs testés n’affichent ni le bon marquage ni les instructions de rigueur, ce qui donne en général un premier indice de qualité. Pire, plus de la moitié d’entre eux présentent des défauts de sécurité électrique. Ils ne protègent pas des surcharges ni des courts-circuits, les connecteurs de broche sont mal fixés et l’isolation est insuffisante entre l’entrée et la sortie de l’adaptateur. D’où les risques de départ de feu, d’électrisation, voire d’électrocution (fatale). Ces facteurs sont aggravés par l’usage de plastiques trop fins (inférieurs à 1,2 mm) et de mauvaise qualité (inflammables). Et comme si cela ne suffisait pas, ces accessoires sont trop fragiles (plusieurs modèles de notre test n’ont pas résisté à une simple chute de 1 mètre de hauteur !).

Derrière cet affligeant constat, une simple question : comment ces chargeurs dangereux arrivent-ils sur le marché ? Leur provenance n’est pas un mystère, ils sont tous fabriqués en Chine. Lors du passage en douane, ceux qui les introduisent sur le territoire sont sommés de présenter un certificat de conformité CE garantissant le respect de toutes les normes en vigueur. « Le système de surveillance repose sur des télédéclarations ; nous ne lançons des contrôles qu’en cas de suspicion », expliquent les douaniers français. D’où la relative tranquillité des importateurs, qui font parfois appel à des laboratoires accommodants pour leur remettre lesdits certificats. « Un bon labo établit un rapport pour chaque modèle de chargeur, l’étaye point par point, avec des dizaines de mesures et des photos. Un certificat solide compte une quarantaine de pages, quand d’autres, provenant de labos chinois peu sérieux, se contentent de délivrer un document unique pour plusieurs modèles, sans détails, et qui tient sur quelques feuilles A4 ! Bien sûr, entre les deux, le coût varie du simple au triple », explique Christian Laveissiere, consultant en import. Le second trou de la passoire, et sans doute pas des moindres, est causé par les marchands qui commercialisent ces accessoires via les marketplaces d’Amazon et de la Fnac. 

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